Le blason de Maison Rouge en Brie

MAISON ROUGE EN BRIE, un village à la campagne

FRANCE

 

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Gare


gare vers 1900, en 1998 et en 2000

LA GARE DE MAISON-ROUGE A DISPARU...

Nous avions par habitude de dire "la gare de MAISON-ROUGE est située au hameau de LEUDON" même si plus aucun train ne s'y arrêtait depuis longtemps.

Désormais cette gare fait partie du passé puisqu'elle fut démolie pendant le week-end du 25 octobre 1998.

Les habitants de Leudon un peu perturbés par le bruit des grues pendant leur sommeil se réveillaient avec un petit pincement au coeur en constatant la réalité du projet de démolition. Pour eux, c'est un trou visuel, c'est un rempart du bruit des trains qui a disparu.

Pour la petite histoire, cette gare située aujourd'hui sur la ligne Paris - Belfort - Mulhouse a été édifié vers 1856 ou 1857. L'inauguration de la ligne Paris - Strasbourg se déroula au tout début de 1849. C'est pourquoi la section de ligne qui nous concerne voit son embranchement à Noisy et allait à l'époque jusqu'à Flamboin - Gouaix et fut construite en trois étapes : Noisy - Nogent sur Marne en 1856, Nogent sur Marne - Nangis en février 1857 et Nangis - Flamboin via Maison-Rouge le 25 avril 1857 (inauguration).

Il faut préciser que la section de Flamboin à Troyes existait depuis le 10 avril 1848 et appartenait à la Compagnie de Montereau à Troyes. Cette compagnie a fusionné avec celle de l'Est par la suite.

gare de maison rouge à leudon   gare   gare 

La gare de MAISON-ROUGE servait aux voyageurs ainsi qu'aux marchandises. Chaque jour, une locomotive en fin d'après-midi manoeuvrait les wagons vides et pleins. Elle repartait très souvent avec une rame complète de wagons de différents tonnages. Pour les uns c'était de l'argile et beaucoup de produits agricoles, tel que pailles, fourrage, lin, grains en tous genres, de laines, et rituellement chaque jour un wagon de lait au temps de la laiterie de Leudon. Par périodes, selon les saisons, on y voyait s'effectuer des chargements de bois en grumes venant de la forêt de Chenoise. La sucrerie de Nangis chargeait les betteraves qu'elle réceptionnait sur une bascule. Ces betteraves étaient acheminées par les agriculteurs avec des tombereaux tirés par des chevaux. Les déchargements portaient sur différents produits tel que bitume, pour alimenter la goudronnerie dont on peut encore voir aujourd'hui l'emplacement. Pour l'agriculture, arrivaient dans cette gare, l'engrais, les résidus broyés d'ordures ménagères appelés "gadoues" et qui dégageaient parfois une bien drôle d'odeur. Les résidus de la betterave "la pulpe" venaient de Nangis. Pour le commerce, des wagons citernes de vin arrivaient là pour alimenter les établissements Bléry à sognolles en montois et les établissements Bellagué à Donnemarie. Ces établissements possédaient également des cidreries et faisaient venir des wagons de pommes. Des cargaisons de charbon étaient déchargées par Monsieur Desvignes qui revendait ce produit au détail après l'avoir mis en sacs. Monsieur Desvignes n'était autre que le grand père de Monsieur Roger Viprey. Certains produits de consommation arrivaient plus vite parce que périssable tel que le poisson, par des wagons attelés aux trains de voyageurs plus rapides. Le courrier arrivait également par ce système tous les matins et c'était une femme de Maison-Rouge qui avant guerre faisait la liaison entre la gare et la poste avec une voiture et un cheval et il n'était pas rare de la voir faire ce travail à pied et sa brouette pour mettre de nombreux colis postaux.

gare à la belle epoque

Le trafic voyageurs était intense avant 1939 et pendant le conflit mondial puisque la circulation était rigoureusement restrictive aux voitures et très contrôlée par l'occupant. Pour aller à l'école à Nangis au "cour complémentaire" tous les jeunes du secteur depuis Provins n'avaient que ce moyen de locomotion ou bien la bicyclette. Après la libération les trafics se sont maintenus jusque pendant les années cinquante et se sont inversés au profit de la route devenue plus rapide avec une industrie automobile qui reprenait son essor. Dans un premier temps, le service voyageurs s'est arrêté puis quelques années plus tard c'était le service marchandises qui s'interrompait. C'était à l'époque une remise en cause pour certains clients S.N.C.F qui n'avaient pas cru à l'arrêt total de cette gare.

Les deux débits de boissons existant sur place subissaient de plein fouet une crise qui les conduisait à fermer par la suite.

Pour la petite anecdote il faut savoir que cette gare à subi les outrages de la guerre. Le 14 juillet 1944 à quelques semaines de la libération. Un train de marchandises venait de s'arrêter en gare alors que depuis quelques temps tournoyaient dans le ciel les avions de chasse alliés. C'est sans doute la raison pour laquelle les mécanos de la locomotive s'étaient arrêtés là, en gare pour peut être inciter une certaine retenue de la part des pilotes qui venaient là aussi avec des ordres bien précis : les trains ne devaient plus circuler, surtout pour servir l'occupant allemand. Ce fut dans un premier temps un mitraillage par les chasseurs qui escortaient les escadrilles de bombardiers qui ronronnaient un peu plus en altitude. Dans un second temps un appareil s'est détaché des autres et prenait la ligne en enfilade à partir de Landoy, et lâchait une bombe qui émettait un bruit bien caractéristique de sifflement sourd. A une vingtaine de mètres de la gare elle tombait sans éclater sur un butoir de bout de ligne en béton. Par ricochet elle traversait toute la gare détruisant tout l'intérieur sur son passage et elle allait éclater dans le coin toilette qui se trouvait à l'extérieur. Les avions disparurent pour continuer leur mission pré libératrice.

C'est alors que tous ceux qui pouvaient se rendre utiles prenaient pelles et pioches pour dégager la porte de la cave dans laquelle était prisonnier le chef de gare et sa famille. Beaucoup de peur, pas de blessé même chez les occupants de la locomotive qui connaissaient le message des pilotes de chasse. En effet ceux ci rasaient les convois sans tirer avec deux ou trois appareils pour leur donner le temps de s'arrêter et de s'éloigner dans un abri de fortune.

L'époque ferroviaire concernant cette gare de Maison-Rouge a duré environ 150 ans. Aujourd'hui beaucoup de nos concitoyens prennent encore le train journellement pour travailler, notamment sur Paris. Les maires de Longueville et de Nangis, avec les responsables S.N.C.F sont confrontés à des problèmes de parking. Pourquoi pas une halte à Maison-Rouge pour résoudre ce problème de stationnement ? Affaire à suivre... Chacun pourrait donner son opinion sur ce sujet, nous sommes preneurs de vos avis. Tout est toujours possible car en très haut lieu, si ont veut on peut! ... Merci.

                                                                                          Jacques BOURGEOISAT  -1998-

gare de maison rouge en brie

 

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